Trucs de magasinage – le « Bait & Switch »

Trucs de magasinage – le « Bait & Switch »

Comme à toutes les années, avant la période de magasinage intense, comme tout bon entraîneur le ferait avant une compétition, je vous rappelle les pièges tendus pendant cette période par certains commerçants, les plus gros comme les plus petits, pour vous soutirer quelques dollars de plus. Aujourd’hui, je revois avec vous le Bait & Switch et j’y ajoute une Saveur 3.0 LTD (MC).

Bait & Switch

Le Bait & Switch est cette technique de la part d’un commerçant consistant à annoncer un produit ou un service en solde et lorsque le consommateur entre dans le commerce, ce produit ou service n’est plus disponible. C’est la partie de l’appât (du Bait).

Vu que le produit ou le service n’est plus disponible, le commerçant en présentera un autre équivalent, mais un tantinet plus cher. C’est la partie du Switch.

Cette technique est interdite. Ainsi, la loi prévoit-elle que si un produit ou un service affiché dans un circulaire n’est plus disponible lorsque vous visitez le commerce, le commerçant doit vous offrir un produit ou un service de même qualité pour le même prix ou il doit vous donner un bon différé. Exception : lorsque le commerçant a précisé la quantité dans sa publicité (ce qui est rarement le cas).

C’est la réponse de la loi contre le Bait & Switch. Pour plus d’information, je vous recommande la lecture du site Internet de l’Office de la protection du consommateur et celui du Bureau de la concurrence du Canada.

Saveur 3.0 LTD (MC) : les commerçants d’aujourd’hui déjouent la loi de deux façons et je ne peux pas dire que ces façons soient illégales.

D’abord, pour vous attirer, ils peuvent choisir d’annoncer un produit d’une marque reconnue qui leur procurent une marge de profit moindre que le produit de même qualité d’une autre marque qu’ils vous offriront en succursale pour le même prix. Autrement dit, ils annoncent un produit qu’ils n’ont pas en stock, toute en préparant à l’avance le Switch, un produit de même qualité et au même prix, mais d’une autre marque.

Bon, vous allez me dire que tant que le deuxième produit soit de la même qualité que le premier, à titre de consommateur, on se moque des marges de profit des commerçants!   Ma réponse à cette critique très constructive est que c’est néanmoins un Bait & Switch et que c’est très évocateur de comment pense un commerçant. Cette information peut vous aider à mieux négocier avec lui. Acceptez-la!

Attendez, attendez! Je vois dans la salle des personnes qui s’interrogent sur le concept de marges de profit des commerçants. Je l’explique rapidement.

Démystification : ce n’est pas parce qu’un commerçant paie son produit moins cher à son fournisseur qu’il en fera bénéficier son consommateur. Non, ce n’est pas vrai du tout. Ce sont des histoires de publicistes qui, parfois, osent même nous faire croire qu’il existe des prix réservés à des employés!

Foutaise! Les prix des produits sont dictés par le marché et non leur coutant (leur «cost»). La logique du marché veut que plus un produit est en demande (et que l’offre ne suffit pas à combler cette demande supplémentaire), plus son prix s’élèvera. L’inverse est également vrai : moins un produit est en demande (et que l’offre demeure néanmoins constante), son prix s’abaissera.

C’est la loi de l’offre et la demande. C’est le phénomène de la main invisible décrit par Adam Smith dans son indémodable best-seller «La Richesse des nations» (excellent livre par ailleurs vendu à très bon marché ; à offrir dans un échange de cadeau à Noël prochain – vous pourrez ainsi le récupérer à la fin de la soirée, il aura été abandonné sur le divan (et on sait qu’un bien sans maître de peu de valeur peut être ainsi ramasser pour le faire sien – articles 934 et 935 du Code civil du Québec))… Revenons à notre sujet.

La deuxième façon des commerçants pour déjouer les lois qui protègent contre le Bait & Switch : ils jouent avec votre urgence de posséder, avec votre incapacité à attendre, votre impatience.

Illustration : une belle grosse télévision est annoncée à demi-prix et, alors que vous conduisez paisiblement pour vous rendre en succursale l’acquérir, vous vous imaginez déjà en train d’écouter vos films de Noël en Cinéma Giga 400K Ultra sonic (MC LTD), mais voilà, vous apprenez de la bouche du vendeur que ce modèle est disponible, mais qu’il ne pourra vous être livré qu’à la fin de janvier… Ouch! Quelle déception! Tous vos rêves brisés en un seul instant… Que faites-vous? Elle est disponible ; il n’y a donc pas de contravention à la loi. C’est le même principe que le bon différé. Saurez-vous trouver la paix intérieure à temps pour annoncer au vendeur que c’est votre choix néanmoins ou laisserez-vous la tentation l’emporter derechef en choisissant, cette fois-ci, une télévision plus grosse, plus sophistiquée que celle annoncée, mais Ô combien plus coûteuse?

Peu importe votre décision. Rappelez-vous seulement que si vous ne voulez pas attendre à la fin janvier et que vous sortez de la succursale avec dans votre panier une télévision plus dispendieuse, les lois ne vous protègeront pas. L’impatience aura eu son coût… (c’est aussi dans le livre d’Adam Smith)…

Bon magasinage et soyez prudent!

LTD

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