L’entrepreneur désespéré et l’argent facile

L’entrepreneur désespéré et l’argent facile

 

Les entrepreneurs ont cette fâcheuse tendance à manquer de crédit dans l’exploitation de leur entreprise. C’est normal. C’est dans leur nature (saviez-vous qu’environ 10 à 15% des gens sont des entrepreneurs?). Ces gens vont au bout de leur rêve sans égard à leurs ressources financières.

Non seulement c’est dans leur nature de manquer d’argent, mais c’est la seule façon qu’ils connaissent pour bien fonctionner, produire, créer et inventer. Il n’y a pas vraiment d’explication à ce phénomène. C’est un simple comportement humain.

En tant que société, nous avons besoin de ces entrepreneurs, de ces innovateurs. Autrement, c’est toute notre économie qui stagne. Nos entrepreneurs ont cette capacité de créer leur propre environnement et d’y inviter les autres pour y travailler. En plus de cette capacité à créer de nouveaux emplois, les entrepreneurs visualisent les nouveaux besoins d’un marché et inventent des produits ou des services qui les comblent. Bref, ils nous sont essentiels!

Alors que ces entrepreneurs ont la fâcheuse habitude de ne pas savoir compter et de pousser et repousser la limite de leur science et de leur habileté, les banques traditionnelles, pour leur part, adoptent de plus en plus des ratios conservateurs lorsque vient le temps de prêter leurs fonds. Conséquence : les entrepreneurs qui en sont à leurs dernières ressources et qui subissent le refus de ces banques, cherchent alors d’autres sources de financement.

(Ne pensez pas que je parle négativement des banques. Elles servent brillamment notre société même lorsqu’elles refusent un prêt à un entrepreneur. Elles purgent ainsi les moins bons entrepreneurs de notre économie. Il s’agit d’une purge naturelle. Comme les bactéries ou les virus emportant les plus faibles d’entre nous, le refus de contribution financière additionnelle de la part des banques traditionnelles emporte vers la faillite les entrepreneurs les plus faibles…)

Quelles sont ces autres sources de financement?

La meilleure de ces sources est, sans contredit, parents et amis. Si le projet de l’entrepreneur est intéressant, nul doute que papa et maman pigeront dans leur liquidité pour l’aider. Dans ce cas, un simple prêt portant intérêts à un taux dépassant le rendement de leur REER fera l’affaire. Au minimum, prévoyez que les intérêts soient payés annuellement par l’entrepreneur. Je recommande d’y aller progressivement. Je vous rappelle que si nous donnons trop d’argents à un entrepreneur, il peut devenir paresseux et ce n’est pas ce qui est souhaité. Nous cherchons simplement à créer une étincelle pour que l’entrepreneur puisse un jour vivre de sa science et/ou de son art. C’est ce que maman et papa souhaitent en tous les cas.

Pour les jeunes entrepreneurs, une autre source de financement se trouve dans des concours ou des programmes offrant des bourses, des subventions ou des prêts. Naviguez sur Internet et vous en trouverez. Par contre, cela demande beaucoup de préparation et, généralement, ces concours suivent les standards des banques traditionnelles (qui, souvent, les parrainent). Un avantage certain de ces concours est que même si vous ne gagnez pas, vous rencontrez plusieurs ressources très utiles dans tous les domaines incluant celui des finances.

Une source à se méfier : les prêts que l’on présente sous la formule «une deuxième chance au crédit». Ce n’est pas du tout une deuxième chance. À mon avis, lorsqu’on laisse une deuxième chance, c’est généralement aux mêmes conditions (ou presque) que la première. Ce n’est le cas de ces prêts. Ils sont plus onéreux et sont très souvent offerts à des gens tellement désespérés qu’ils n’ont même pas les moyens de se payer les services d’un avocat pour réviser le contrat avec eux (et la somme empruntée est souvent très importante). L’argent est disponible dans un délai de quelques heures et est octroyé sans véritable enquête de crédit. Vu le risque élevé d’une telle aventure, ces prêts prévoient des taux d’intérêts de plus de 40% l’an et certains dépassent même le taux criminellement responsable de 60% (il suffit d’ajouter les frais d’administration ou d’opération aux frais d’intérêts et nous obtenons un prêt de plus de 60% d’intérêt annuellement).

Je ne recommande pas ce genre de prêt aux entrepreneurs désespérés. Un projet d’entreprise est viable financièrement ou il ne l’est pas. Des fois, il suffit de changer certains détails pour le rendre présentable et intéresser un investisseur plus raisonnable. S’il existe une valeur dans le projet, il se vendra, quitte à ajuster le prix à la baisse ou à la hausse, c’est selon.

Bref, lorsque vous cherchez du financement, soyez prudent et prenez votre temps! Même si vous êtes à court de liquidité et que cela semble urgent, ce ne l’est pas! Ce n’est jamais assez urgent pour que vous acceptiez la première offre.

Comme dans tous les domaines, magasinez et si vous souhaitez être accompagné, nous sommes disponibles!

 

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