Spécial Saint-Valentin : continuer ou terminer des discussions?

Spécial Saint-Valentin : continuer ou terminer des discussions?

Comment savoir si un règlement à l’amiable est possible dans une situation donnée?

Autrement dit, devez-vous continuer les discussions ou y mettre un terme?

La réponse est assez simple : vous ne le saurez jamais vraiment!

Néanmoins, pour vous diriger, il existe un indice qui ne ment pas  : le partage de l’information. Est-ce que votre cocontractant ou votre adversaire démontre une transparence à toute épreuve quant à l’échange d’information? Si c’est le cas, vous pouvez penser que cela vaut la peine de continuer les discussions.

Par exemple, dans le cadre d’une vente d’une maison de type résidentiel, le vendeur ne souhaite pas vous donner accès à un rapport d’inspection qu’il a en sa possession parce que, selon lui, vous n’êtes pas celui qui l’a demandé et payé. Pas bon! Mieux vaut fuir!

IMPORTANTE MISE EN GARDE !

CE PRINCIPE NE S’APPLIQUE PAS AUX RELATIONS MARITALES.

Est-ce que votre conjoint(e) vous dit tout? Bien sûr que non, il (ou elle) ne vous dit pas tout! Ça fait partie de son charme. C’est le jeu de la passion. Une escalade, une poursuite nuptiale, entre deux êtres au nom d’une seule entité : l’Amour (avec un grand A)… En fait, en y repensant, je dirais que ce principe de partage d’information se vérifie dans ce cadre romantique, mais à l’inverse. Par exemple, la fin de semaine dernière, je souhaite obtenir de ma conjointe sa liste de cadeaux de Saint-Valentin. Elle me répond que je n’ai pas à lui offrir quoi que ce soit cette année, qu’elle se contentera de mon amour et de mes petites attentions… La menteuse! Si j’applique le principe général de partage de l’information, je devrais fuir, mais non! Dans le domaine des relations maritales, ce genre d’abus de la part de la conjointe est acceptable, même que cela semble être la norme! Si je ne devine pas moi-même ce qui lui fera plaisir, c’est moi qui serai sévèrement jugé! … C’est véritablement le monde à l’envers…

Blague à part, si le partage de l’information est essentiel, il n’est pas le seul facteur pouvant influencer votre décision de continuer des discussions ou de les terminer immédiatement.

Un autre facteur : le type de décision à prendre. J’en compte trois : a) les décisions à caractère certain ; b) les décisions du type statistique probabiliste (ex.: «Si je compare aux résultats des années précédentes, il est plus probable que ma conjointe souhaite une soirée fondue pour la prochaine Saint-Valentin qu’une soirée bière et hockey, et cela se vérifie même si je devais l’inviter dans un restaurant sportif») et c) les décisions de type incertaines (celle où personne ne sait, personne ne saura jamais).

Dans le premier et deuxième type, l’information sera d’une grande utilité. Dans le troisième, un peu moins. En fait, dans le troisième, la réponse ne se trouvera pas dans l’information donnée, mais plutôt dans l’attitude ouverte ou fermée du cocontractant ou de l’adversaire en relation avec le partage d’information. Je m’explique.

Dans le premier type de décision, l’information demandée servira à confirmer votre décision entourant cet enjeu que vous savez certain. Par exemple, lorsque vous achetez un bien usagé, il est d’usage de demander un historique d’utilisation. Si je pense à une voiture, vous pouvez aisément demander à votre vendeur les factures de réparation. Si votre vendeur les donne, non seulement vous pouvez les vérifier, mais vous pouvez penser qu’il s’agit d’une personne honnête souhaitant conclure la meilleure entente possible entre les parties.

Dans le deuxième type de décision où les probabilités l’emportent, l’information demandée servira à vous construire un argumentaire. Par exemple, dans le cas de la vente du véhicule usagé, vous voudrez certainement établir le meilleur prix d’achat. Vous pouvez demander au vendeur la formule utilisée pour calculer le prix de vente de départ. Vous pouvez demander le contrat d’achat où le prix initial sera indiqué. À la suite de la prise d’autres renseignements (ex.: l’année de construction, le kilométrage) et avec l’aide de différents calculs, vous établirez votre propre prix d’achat et ferez une offre (ou une contre-offre) sur le véhicule.

Ainsi, dans les deux premiers types de décision, la qualité de l’information transmise est l’indice principal qui vous permettra de savoir si vous continuez ou non vos discussions pour en arriver à un arrangement à l’amiable. Si la qualité n’est pas au rendez-vous (ex. du véhicule : pas de factures, pas de contrat initial), mieux vaut vous retirer et chercher ailleurs.

Cela dit, dans le  troisième type de décision (les décisions incertaines), ce sera plutôt l’attitude de la personne à l’égard de vos demandes de renseignements que vous devrez surveiller. En effet, dans l’incertitude la plus complète, aucune information ne pourra jamais aider votre prise de décision. Cela ne signifie pas pour autant que vous ne pouvez pas faire des demandes. Si la personne possède alors l’attitude «je n’ai rien à cacher, dis-moi comment te satisfaire et je ferai le nécessaire», vous pouvez penser que continuer les discussions ne sera pas une perte de temps. À titre d’exemple, le résultat d’un recours civil sera toujours incertain (à la fin, c’est toujours le juge qui décide). Demander néanmoins à votre avocat ce qu’il pense de vos chances de succès. Bien entendu, sa réponse sera digne d’un politicien, mais c’est dans son attitude que vous pourrez réellement savoir si c’est le bon avocat pour vous.

Si, pour une raison ou une autre, vous deviez prendre la décision de cesser les discussions, votre alternative sera probablement – et cela dit d’une façon très générale – , la voie des tribunaux.

Si vous êtes un particulier ou une personne morale de moins de cinq employés, examinez les possibilités d’utiliser la division des petites créances de la Cour du Québec. La limite permise est maintenant de 15 000 $. Le principal avantage est qu’il s’agit d’une procédure sans avocat (cf. ça coûte moins cher!).

Attention, toutefois! Cela ne signifie pas que vous ne pouvez pas consulter ou faire préparer le dossier par un avocat.

En effet, j’encourage toute personne aux prises avec un litige de consulter un avocat même si sa créance ou sa perte est de moins 15 000 $. Une simple consultation vous donnera beaucoup de renseignements de nature juridique et vous permettra de mieux vous diriger à l’intérieur de cette procédure allégée.

MISE EN GARDE FINALE

Enfin, Messieurs, en marge de ma petite leçon, je vous rappelle que la prochaine Saint-Valentin a lieu un samedi et que, malgré mes piètres résultats universitaires en statistique probabiliste, je suis pas mal convaincu que la fondue sera préférable à la soirée du hockey… Autrement, il est fort à parier que vous aurez probablement besoin de mes services dès lundi…
Bonne Saint-Valentin!

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