Guide et conseils pour les gens trop gentils – Partie I : Entraînez-vous à dire non.

Guide et conseils pour les gens trop gentils – Partie I : Entraînez-vous à dire non.

Vous n’aimez pas décevoir les gens, vous craignez de ne pas être accepté par les autres, vous ne souhaitez contrarier personne, votre mère ne vous a pas permis de vous exprimer suffisamment pendant votre période prépubère : peu importe la raison, vous êtes incapable de dire non. Cela vous cause bien des soucis. Je sais, mais je connais qu’un seul moyen pour changer ce comportement :

Dire toujours et systématiquement non à tout.

Dès votre levée du lit, faites-en une politique : aujourd’hui, je dis non à tout ce qu’on me propose. Entraînez-vous n’importe où et avec n’importe qui. Au restaurant, par exemple, le serveur vous verse un verre d’eau, vous n’en voulez pas, retournez-le. Rien ne vous empêche, cinq minutes plus tard, alors que vous êtes assoiffé, de le redemander. Votre serveur s’exécutera avec plaisir sans jamais se questionner sur votre état mental parce que dire non est tout à fait normal!

La logique est la suivante : on peut toujours revenir sur un non – reconsidérer la question, changer d’avis ; c’est plus difficile à faire avec un oui.

Autre idée préconçue entourant le non : la justification. Vous n’êtes pas obligé de justifier votre refus, même si votre interlocuteur le demande. Non, c’est non. C’est tout simple, le non signifie : «je ne donne pas mon consentement». Vous voulez des explications, je n’en ai pas! Non!

Beaucoup d’arnaqueurs vous font croire que le produit (ou service) qu’ils vendent est une occasion unique, exclusive pour un temps limité, que si vous dites non maintenant, peut-être que l’occasion ne se représentera pas demain. Ils mentent! C’est impossible! C’est la loi du marché! Si le produit (ou service) qu’il offre est aussi valeureux (c’est-à-dire qu’il en vaut vraiment son prix et son coût), il y en aura d’autres ailleurs. On vit dans le capitalisme, il faut bien le comprendre. Cela découle du principe de l’offre et de la demande. Plus les produits et services sontvaleureux, plus le jeu de la concurrence fera son oeuvre et l’offre au grand public s’agrandira (ex.: les tablettes numériques – même brevetée, la première tablette a, aujourd’hui, d’innombrables concurrents).

Bref, dites toujours non aux occasions uniques. Ça n’existe pas. Pas ici.

Au bout de quelques heures d’entraînement (à dire non à tout), vous constaterez que le «non» vous fait gagner du temps et de l’argent.

La première offre n’est jamais la bonne, rarement la deuxième non plus, mais avant que la deuxième ne fasse, vous aurez le temps d’y réfléchir, de réorganiser l’offre pour obtenir plus de bénéfices ou réduire vos obligations. Une personne qui souhaite vraiment faire affaire avec vous sera aussi patiente que cela. C’est ce qu’on appelle construire une relation. La confiance est installée et si le contrat devait mal tourner (pour n’importe quelle raison), vous pouvez penser que votre cocontractant sera des plus compréhensif.

De la même manière, si vous dites non à tous, vous éviterez automatiquement plusieurs vieilles astuces de vendeur expérimenté du genre « bait and switch » qui consiste à annoncer un produit à moitié prix pour vous faire dire en magasin que le produit n’est plus disponible, mais qu’un autre pourrait très bien convenir. «Il est peut-être plus dispendieux que celui annoncé, mais il est de meilleure qualité.»

Non merci!

LTD

N.B. Un livre très intéressant sur le sujet : William Ury, Comment dire non – Savoir refuser sans offenser, Éditions SEUIL, 2007.

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