Litige sans procédure judiciaire – partie I (harcèlement psychologique)

Litige sans procédure judiciaire – partie I (harcèlement psychologique)

Dans cette série, je vous guide à travers les pièges de notre bonne société de lois sans que vous ayez nécessairement besoin d’un avocat.

La première capsule traite du harcèlement psychologique au travail.

Harcèlement psychologique (ou harcèlement moral)

Bien malheureux pour lui, notre droit n’a pas encore trouvé une façon efficace de contrer le harcèlement moral au travail. Comment faire autrement? Par définition, le harcèlement psychologique est une série d’actions qui, prises individuellement, sont tout à fait anodines. Comment la loi peut-elle sanctionner des actes anodins?

Le harcèlement moral oppose généralement un supérieur (ou une personne en position d’autorité) à un employé sans aucune crédibilité. Si l’employé devait avoir de la crédibilité, le harceleur choisirait une autre victime. Ce n’est pas juridique, c’est psychologique! Le harceleur choisit la victime parfaite pour assouvir ses bas instincts! Cette victime est généralement travaillante, gentille, naïve et ne dit jamais non.

Première chose à faire : évitez que le harceleur vous choisisse! Plus facile à dire qu’à faire, mais essayez d’être moins gentil(le) et dites «non» d’une façon aléatoire. Autrement dit, dites «non» tant aux demandes ordinaires qu’à celles extraordinaires, sans qu’il ne soit possible d’anticiper votre réponse. Et lorsque vous dites «non», c’est «non», il n’y a pas de possibilité de retour.

Deuxième chose à faire : si le harceleur vous a choisi(e), agissez vite! Achetez le plus gros livre avec, en grosses lettres sur la page couverture, le titre suivant : «Harcèlement psychologique au travail» et placez-le bien visible sur votre bureau. Il faut que tout le monde le voie, y compris votre supérieur harcelant. Vous n’avez même pas besoin de le lire! Vous le devriez, toutefois, parce que vos autres collègues seront curieux d’apprendre ce que vous avez appris en le lisant. Soyez certain(e) que votre supérieur le remarquera et il y aura une certaine accalmie pendant quelques jours.

Troisième chose à faire : lorsque l’effet du livre sur votre bureau se sera dissipé, n’arrêtez pas là. Achetez un cahier de notes (ou un journal de bord) dans lequel vous notez tous les événements (et surtout les plus anodins) qui se produisent avec votre supérieur harcelant (avec les dates et les heures). Disposez le cahier sur le livre ou en dessous de celui-ci pour qu’il soit relativement facile à consulter. Soyez assuré(e) que votre supérieur harcelant le lira dès votre départ du bureau.

Vous êtes trop timide pour le faire? Dites-vous ceci : un bon supérieur peut être rigoureux envers vous, peut s’exprimer difficilement ce qui le force à hausser le ton quelquefois, mais jamais il ne lira un cahier de notes qui vous est personnel. Même s’il le lisait, il ne ferait jamais le lien entre le cahier de notes et le livre qui traite de harcèlement moral. Il a d’autres choses à faire! Il est axé vers le résultat de l’entreprise par sur votre personne. Avec lui, faites votre travail comme il se doit et il vous laissera tranquille. La seule personne, en toute exclusivité, à qui s’adressent le livre et le cahier de notes est au supérieur harcelant. Seul lui aura le culot de le lire et de comprendre où vous vous en allez avec ça. Mais, il ne pourra rien faire contre vous. Il ne peut tout de même pas vous reprocher de l’accuser de harcèlement moral! Ce serait couler son propre navire. Si le cahier de notes disparaît mystérieusement, achetez-en un autre et inscrivez-y comme première mention l’heure et la date de la disparition du premier cahier et le nombre approximatif d’inscriptions qu’il contenait.

Conclusion (très important!)
Si vous sentez que votre supérieur tente de vous dénigrer, qu’il n’est pas juste avec vous en raison de considérations extérieures à votre travail, jour après jour, petit à petit, avec une petite dose de sadisme, que vous vous sentez dégouté de cette situation, demandez de l’aide avant de tomber dans une dépression (ou un burn-out). Contactez la Commission des normes du travail, la Commission de la sécurité et de la santé au travail (C.S.S.T.), un psychologue ou un avocat qui pourront tous vous assister dans cette situation.

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